Genre et Contrôle des Armes: Atelier de Formation sur le contrôle des Armes Légères Integrant le Genre au Cameroun

Durant les 3 jours de formation coorganisés par le Centre Régional des Nations Unies pour la Paix et le Désarmement en Afrique (UNREC) et le Ministère Camerounais des Relations Extérieures à Yaoundé du 30 Mai au 3 Juin 2021 sur l’intégration d’une dimension hommes/femmes dans le contrôle des armes légères et de petit calibre (ALPC), Armelle Ndongo, coordinatrice du programme désarmement pour « Women International League for Peace and Freedom Cameroun » (WILPF-Cameroun) a animé deux sessions.

La première session sur « l’Analyse de Genre : Conflits Armés et Violences Basées sur le Genre et Processus de Paix » a permis de faire un bref état des lieux sur la situation sécuritaire au Cameroun, et s’est ensuite concentrée sur l’intégration d’une analyse de genre dans le contrôle des ALPC et les enjeux, défis et opportunités que cela représente dans le processus de paix.

Depuis 2013, le Cameroun est en proie à une série de conflits qui continuent de se complexifier. Les exactions de Boko Haram en 2013 dans le Grand Nord ont causé un afflux de réfugiés et de personnes déplacées internes. En 2018, suite à l’élection présidentielle, la montée en puissance d’un discours haineux a empiré une situation déjà précaire. Face à ces exactions, la réponse du gouvernement demeure strictement militaire causant une généralisation des conflits au plan national.

Fort de ce constat, WILPF-Cameroun, en 2019, a mené une étude sur l’inclusion de la dimension genre dans les conflits en cours au Cameroun pour en identifier les causes profondes. Cette étude menée dans 8 régions a permis de mesurer et d’apprécier l’impact disproportionné des conflits sur les différentes catégories sociales. Les résultats obtenus ont permis de proposer un diagnostic exhaustif sur l’origine des conflits et de suggérer un ensemble de recommandations telle que la mise en place d’un programme humanitaire de protection des personnes déplacées, réfugiés et autres populations touchées par les conflits qui évalue les besoins spécifiques des hommes et des femmes au travers de données ventilées par le sexe.

La deuxième session s’est concentrée sur « le rôle des organisations de la société civile dans la transformation du concept de genre dans le contrôle des ALPC ». La société civile joue un rôle primordial dans les communautés en matière de sensibilisation, prévention et éducation. En ce qui concerne le lien entre le genre et les ALPC, comprendre le rôle important du genre dans le contrôle des ALPC est un prérequis fondamental que la société civile peut partager et expliquer plus en détails lors de ses campagnes de plaidoyer.

WILPF-Cameroun et les organisations de la société civile membres du réseau CANSA (Cameroun Action Network on Small Arms) ont mené plusieurs actions qui ont amené le gouvernement à prendre des initiatives concrètes, telles que :

  • L’interdiction de l’importation de jouets guerriers ;
  • La fermeture des armureries dans certaines régions du pays en 2018 ;
  • La création d’un secrétariat provisoire sur le contrôle des armes.

Cependant, malgré ces actions entreprises, la participation des femmes reste toujours minimale, d’où la nécessité de leur donner de l’espace afin qu’elles puissent jouer un rôle capital dans ce domaine. WILPF-Cameroun formule les recommandations suivantes :

  • Garantir la participation des femmes aux discussions sur le contrôle des ALPC et aux processus de paix aux niveaux local, national, régional et international, et incluant les femmes marginalisées ou historiquement exclues ;
  • Plaider pour une prise en compte effective des questions de genre dans l’élaboration de politiques et programmes concernant le contrôle des armes ;
  • Collecter des données ventilées par sexe, âge et autres indicateurs par le biais de statistiques et d’études nationales ;
  • S’engager à augmenter le financement de la société civile pour sensibiliser la population aux problèmes de la prolifération illicite des ALPC et la manière dont cela impacte les hommes et les femmes.

Armelle TSAFACK is a gender specialist and an activist. She holds a master's in strategic communication with a minor in mediation and international negotiation. She wrote a thesis in 2016 on the UNSCR 1325 NAP in Cameroon. She joined WILPF Cameroon in 2014 with the dream of breaking gender stereotypes and building a world free of armed conflict. After serving as Program Manager at WILPF, she is now the Security Policy Officer and Disarmament Coordinator.

This blogpost was written as part of IANSA’s “Civil society engagement in support of gender mainstreamed policies, programmes and actions in the fight against small arms trafficking and misuse, in line with the Women, Peace and Security agenda”, which is funded by the United Nations. This document was produced with the financial assistance of the United Nations through contributions received from the European Union. The views expressed herein are those of the Implementing Partner and do not necessarily reflect those of the United Nations or the European Union.

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The global movement against gun violence, supporting civil society organisations working to stop the proliferation and misuse of small arms and light weapons.

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International Action Network on Small Arms (IANSA)

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