Le Burundi face aux violences basées sur le genre

Depuis l’indépendance du Burundi en 1961, les guerres et les coups d’état répétitifs ont engendré des milliers de réfugiés. Cela a poussé un certain nombre de personnes à prendre les armes pour défier ceux qu’ils considéraient comme opposants. Les femmes sont restées les principales victimes de la violence armée et de violences basées sur le genre. L’utilisation d’armes légères et de petit calibre (ALPC) n’a fait qu’empirer la situation.

Des statistiques qui en disent long

Selon le rapport de la ligue ITEKA, de Juillet à Décembre[1] [2] 2018, 278 incidents de violences armées ont été enregistré avec plus de 392 victimes. La forte stigmatisation sociale des victimes de violences sexuelles ou de violences basées sur le genre laisse toutefois entrevoir un taux de victimisation réel beaucoup plus élevé, notamment concernant les femmes adultes.

La place de la loi

La loi n°1/14 du 28 Août 2009 portant sur le régime des ALPC a engendré la réduction du nombre de permis de détention d’armes échu pour un grand nombre de Burundais. Certains détenteurs ont même rendu les armes volontairement aux postes de police les plus proches. La loi du 28 Août 2009 comprend notamment une disposition sur la violence domestique pour laquelle la personne qui cherche à obtenir un permis d’armes à feu est obligée de vérifier ses antécédents en cas de menace probable, passée ou future, à l’encontre de quelqu’un de leur entourage. Le frein à la possession d’armes a été solidifié par la signature de conventions comme le Protocole de Nairobi pour la prévention, le contrôle et la réduction des armes légères et de petit calibre dans la région des Grands Lacs, signé en 2000.

Des actions menées contre la prolifération des armes légères illicites

Le 9 Juillet 2020, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de destruction des armes légères et de petit calibre sous le thème : « Ensemble pour la lutte contre la prolifération des armes légères illicites », le président de la CNAP, CPP Maurice Mbonimpa a précisé que, depuis 2010, 2136 fusils d’assaut en plus d’autres armes conventionnelles ont été détruites.

En plus des initiatives lancées par le gouvernement pour décourager le port illégal des armes par les civils, certaines associations continuent à soutenir la lutte contre la prolifération illégale des ALPC. Beaucoup de Burundais ignorent l’impact négatif des violences armées sur la société ainsi que leurs conséquences qui handicapent la cohésion sociale, elle-même garante du développement durable. Dans l’espoir que l’égalité des sexes devienne une réalité, Bold Generation lance un appel à l’action aux responsables gouvernementaux, aux acteurs de la société civile, à la population Burundaise et aux jeunes en particulier afin qu’ils conjuguent leurs efforts et éradiquent les violences qui endeuillent le pays chaque année. Etant conscients des avancées significatives dans la saisie et la destruction des armes illicites depuis 2010, « Zéro armes chez les civils Burundais » reste une des préoccupations principales de l’association Bold Generation.

[1] RAPPORT-TRIMESTRIEL-OCTOBRE-DECEMBRE-2018.pdf (ligue-iteka.bi)

[2] RAPPORT-TRIMESTRIEL-JUILLET-SEPTEMBRE-2018.pdf (ligue-iteka.bi)

Samuel Kwizera, jeune activiste âgée de 25 ans et étudiant en sciences de la santé, membre du mouvement des jeunes de l’Action Aid Burundi, ainsi que jeune innovateur au sein de l’organisation Care International du Burundi. Passionné par l’humanitaire, il a depuis 2013, travaillé en tant que volontaire dans plusieurs organisations travaillant sur les droits de l’enfant et de la femme. En 2019, il a fondé, Bold Generation, une asssociation ayant pour mission de protéger et soutenir les enfants et les femmes.

This blogpost was written as part of IANSA’s “Civil society engagement in support of gender mainstreamed policies, programmes and actions in the fight against small arms trafficking and misuse, in line with the Women, Peace and Security agenda”, which is funded by the United Nations. This document was produced with the financial assistance of the United Nations through contributions received from the European Union. The views expressed herein are those of the Implementing Partner and do not necessarily reflect those of the United Nations or the European Union.

The global movement against gun violence, supporting civil society organisations working to stop the proliferation and misuse of small arms and light weapons.

The global movement against gun violence, supporting civil society organisations working to stop the proliferation and misuse of small arms and light weapons.