Violences basées sur le genre au Burkina Faso

Les séances de causeries sont des tribunes appropriées pour discuter des violences basées sur le genre (crédit photo : WILPF Burkina Faso)

Les facteurs socioculturels, la crise sécuritaire et sanitaire accroissent la vulnérabilité des femmes

A l’instar de nombreux pays africains, les Violences Basées sur le Genre (VBG) est un fléau au Burkina Faso.

Ainsi, de la ratification des textes internationaux de promotion et de protection des Droits Humains, à l’adoption d’une loi spécifique (la Loi 061–2015/CNT portant sur la prévention, répression et réparation des violences à l’égard des femmes et des filles et prise en charge des victimes), le Burkina Faso s’est engagé à lutter contre les VBG.

L’élaboration du premier Plan d’Action National pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies reflète également une avancée. Sur le plan politique une loi sur le quota genre a été adoptée.

La prolifération, la circulation et l’utilisation des armes à feu illicites est un autre fléau qui contribue à la recrudescence de l’insécurité et des VBG, rendant de plus en plus meurtriers les conflits intercommunautaires et la concurrence pour les ressources naturelles au Burkina Faso.

Ainsi, dans le cadre de l’action humanitaire, parmi les efforts consentis pour la prospérité des communautés, un meilleur renforcement de la paix, la sécurité et la stabilité du pays, en collaboration avec les structures étatiques indiquées, plusieurs institutions internationales, des Organisations Non Gouvernementales et des Organisations de la Société Civile œuvrent à consolider, coordonner et améliorer les activités de prévention et de réponse aux VBG, y compris la promotion de la perspective du genre dans le contrôle des armes légères et de petit calibre.

Facteurs socioculturels, sécuritaires et sanitaires

La corrélation entre genre et violence est restée longtemps invisible car la plupart trouve leurs sources dans la construction socio-culturelle. La femme est dans une conjoncture économique, sociale et juridique qui la rend victime de nombreuses violences.

Depuis 2015, le Burkina Faso a subi de nombreuses attaques terroristes. Elles ont engendré le déplacement de plus d’un million de personnes. Cette situation a entraîné une dégradation sans précédent de la vie des communautés avec des conséquences effroyables sur l’Etat de droit, l’humanitaire, le système sanitaire et éducatif. A cette tourmente de la crise sécuritaire, s’ajoute les effets négatifs des changements climatiques et récemment de la Covid-19. Tous ces facteurs ont conduit à l’escalade de la violence basée sur le genre.

Formes de violences courantes et acteurs

Selon une étude exploratoire sur la prévention et l’élimination des violences basées sur le genre au Burkina Faso [1] les formes de violences sont perpétrées envers les femmes mariées, les jeunes filles, les hommes et les jeunes garçons avec une ampleur plus importante chez les femmes. Ces violences se manifestent autant dans les ménages, qu’en situation d’activité professionnelle, en milieu rural et en milieu urbain.

On distingue : les violences sociales et domestiques — les violences politiques — les violences socio-économiques. Les différents types de violences peuvent être imbriqués et interdépendants.

Nécessaire renforcement de la prévention des VBG

Avec l’action concertée des acteurs étatiques et non étatiques, des voix s’élèvent de plus en plus contre les violences faites aux femmes qui sont jugées inacceptables. D’importantes mesures sont prises et mises en œuvre au plan juridique, social, politique et économique pour garantir la protection des femmes et des filles contre les violences et assurer la promotion ainsi que la protection de leurs droits. S’agissant d’une problématique qui exige des changements de mentalités, la lutte est de longue haleine.

(1) www.trustafrica.org : Etude exploratoire sur la prévention et l’élimination des violences basées sur le genre au Burkina Faso : les Régions des cascades, du Centre Nord, du Nord, du Plateau Central et des Hauts Bassins.

Madame Regina OUATTARA a plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le domaine de la communication et le secteur de la paix et de la sécurité. Elle est la présidente de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILP) au Burkina Faso. Depuis 2013, elle est Directrice de la Communication et de la Sensibilisation au Secrétariat Permanent de la Commission Nationale de Lutte contre la Prolifération des Armes Légères, une structure rattachée au Premier Ministère du Burkina Faso.

This blogpost was written as part of IANSA’s “Civil society engagement in support of gender mainstreamed policies, programmes and actions in the fight against small arms trafficking and misuse, in line with the Women, Peace and Security agenda”, which is funded by the United Nations. This document was produced with the financial assistance of the United Nations through contributions received from the European Union. The views expressed herein are those of the Implementing Partner and do not necessarily reflect those of the United Nations or the European Union.

The global movement against gun violence, supporting civil society organisations working to stop the proliferation and misuse of small arms and light weapons.

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